Renaissance

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(Page rattachée au personnage Raven Darkholmes)


1961,

Winchester, Comté de Clark, Nevada,

Cirque permanant "Trapasovsky".



La fillette pénétra dans le cabanon de bois et de taules, seul bâtiment ‘en dur’ construit sur le site d’implantation du cirque Trapasovsky.

James Redfeald, renommé Vladimir pour la crédibilité de sa petite affaire, fumait un barreau de chaise estampillé ‘Havane’ littéralement affalé dans un fauteuil de cuir. L’atmosphère était saturée par l’odeur de fumée mêlée aux relents de sueur que le corps du gros suintait d’abondance. La mutante éternua, peu habituée à voir son nez ainsi agressé par une telle pollution olfactive. Elle ce demandait bien ce que ce porc lui voulais…

D’un geste, le sac à viande lui fit signe d’approcher, elle s’exécuta avec fébrilité pour venir ce placer devant l’immense bureau qui accueillait les deux pieds nus et crasseux de l’immonde pourceau. Deux yeux torves où brillaient d’étranges lueurs ce posèrent sur le corps menu qui lui faisais face. Il semblait l’évaluer, comme une tête de bétail avant l’envoie à l’abattoir.


- Des mecs du gouvernements sont v’nu m’voir, ils s’intéressent à toi, Dit il en pointant son cigare en sa direction. Ils sont prêts à m’filer un putain d’pactole pour ta ptite gueule de monstre. J’croit qu’il ont hâte de t’filler à des tordus d’savants pour qu’ils t’étudient à leur manière…


La peur s’empara de la fillette, ces dernières années sa vie était plutôt allée en s’améliorant. Fini l’époque ou elle servait de cible pour marmaille enragée, sa reconversion en trapéziste virevoltante lui avait permis de reprendre confiance en elle et goût en la vie. Et voila que tout était remis en question, qu’elle allait devenir un petit rat de laboratoire juste bonne à avaler des cachets et à recevoir des piqûres.


- T’en fait pas.


L’imposante masse reposât ses pieds à terre avant de ce lever, une immense bedaine dépassait de son tee-shirt bien trop court aux aisselles auréolées. Il s’approcha de la fillette à peau bleue et l’attrapa par un poignet.


- J’ai pas encore dit oui… Et va falloir me convaincre de pas l’fair.


L’homme tentât de la faire s’agenouillée, mais elle ce débattit aussi fort que ses 15 années le lui permettaient. Deux gifles magistrales lui cinglairent violemment le visage, manquant de lui décoller la tête de ses frêles épaules. Elle ce sentit soulevée, propulsée sur le bureau par un bras gigantesque. Le gros la rattrapa et ce servit d’elle pour nettoyer le plan de travail dont toutes les babioles valsèrent aux quatre coins de la carrée.

La fillette les y rejoignit bien vite, son front percuta le planché, la sonnant à moitié. Elle sentit à peine sont pagne être écarter par deux mains crasseuses et son ventre ce faire violemment plaquée au sol. Le bruit d’une fermeture éclair ce fit entendre et une hampe de chair ne tarda pas à venir s’enfoncée entre ses fesses d’une vive poussée, sans ménagement. Elle ce sentait écrasée par une masse informe, fouillée par un pieu aux proportions démesurées. Des sanglots déchirèrent la pièce avant de ce muer en cris déchirants. Du sang coula sur le parquet, tachant de pourpre le sol immonde dont la dureté meurtrissait son corps. ‘Vladimir’ colla son visage mal rasé contre celui du pauvre être qu’il était en train de souiller pour lui glisser à l’oreille.


- T’es une vraie aubaine, si j’faisait ça à la première gosse venue, j’aurais des emmerdes. Les vieux aiment pas qu’ont tringles leurs mômes… Mais toi… Putain, personne fait chier les grosses truies qui ce font labourées par leurs chiens… Tout le monde s’en branle de l’age du clébard…


Le pourceau accéléra le mouvement, la douleur et l’humiliation avait plongée la fillette dans un état second, elle vivait les événements comme dans un mauvais rêve, la douleur en plus... Ses yeux plongés dans le vague par d’abondantes larmes finirent tout de même par distinguer un objet qui attira son attention, sa main s’en approcha.


- Putain, j’sens qu’ca vient.


Alors qu’il ce collait à elle pour l’inonder le plus intérieurement possible, ce ne fut nullement un cri d’allégresse qui s’échappas de sa bouche, mais bien un râle d’agonie. Un coupe-papier venait de se ficher dans son coup, lui transperçant la jugulaire, du liquide carmin inonda la pièce alors qu’une montagne de graisse s’effondrait sur elle avant de choir lentement sur le coté. La hampe suintante d’un affreux mélange de liquides variés s’échappa de la cavité qu’il comblait jusqu’alors. La jeune mutante ce releva rapidement, le regard aux aguets, en état de choc…

Elle regarda son œuvre avec hébétude sans croire qu’elle pouvait en être l’artiste. Sa vie allait virer à l’enfer lorsque le corps serait découvert. Elle n’avait aucun moyen de fuir, comment l’aurait elle pu avec son physique ? Sans bien savoir pourquoi elle ressortit l’épée miniature de l’endroit qui l’avait si bien accueillie. Sur la garde était gravé le mot ‘mystique’. La scène qui c’était déroulé 5 ans plus tôt et que sa raison avait fini par classer dans la catégorie des songes refit surface. Mystique… C’était là son vrai nom…

Fébrilement et laborieusement elle ce mit a genou et fouilla les poches du pachyderme vidé de son sang, elle en ressortit une carte de visite sur laquelle on pouvait voir dessiné une fillette à la peau noir et aux yeux blancs opaques… La petite fille…


Irene Adler,
107 bis Liberty Boulevard,
Sacramento, Californie, Etats-Unis.
Voyance, communion avec les morts, fortune, santé, amours, elle voit tout sur tout…


Et au dos de la carte, écrit à la main.

"Tue ton Cauchemar, affronte sa vision, dompte le… prend sa place…"


Ce message était destiné à quelqu’un, ce message lui était destiné… c’était une certitude… Ses pieds baignaient dans le fluide écarlate du goret qui venait d’être saigné… Son regard ce posât sur le corps sans vie de son affreux bourreau…

Un étrange chant s’éleva en elle, comme un second souffle, un torrent exaltant, enivrant et grisant, une aptitude resté cachée et inexplorée, aussi limpide et évidente que le fait de respirer ou de battre des paupières. Comment ne l’avait elle pas remarquée plus tôt cette mécanique parfaite qui ne demandait qu’a servir… Elle n’avait même pas à ce concentrer, juste à désirer, à ce laisser porter par le flux de son pouvoir… Enfantin… Lentement elle grossit et grandit, ses traits ce boursoufflèrent, son épiderme blanchit…


- Incroyable…


Sa voix avait muée, devenant une copie conforme de celle du mastodonte à la carcasse refroidissante. Les mêmes vêtements affreux la recouvraient. Elle était lui ! Elle empocha la carte de visite et sortit du cabanon sans un regard en arrière. Après quelque pas elle tomba nez à nez avec ‘Pietr’ Pete Lower, un homme au regard perçant qui passait sa vie à martyriser les fauves qu’il disait dompter. Sa voix ce fit joyeuse et confidente…


- Putain, on l’a entendu beuglée jusque la, ça d’vais être le pied


Le nouveau Vladimir sourit avant de répondre du même tonneau.


- Tu m’étonnes, elle s’en souviendra toute sa vie…


Bien sur qu’elle s’en souviendrait, ses fesses étaient en feu et elle sentait l’odieux liquide, mélange de sang et de sperme couler entre ses jambes. Elle marchait en canard… comme un gros lard aux jambonneaux ce touchant. Elle repris sa route, grimaçant à chaque foulée…Une humiliation de plus…

Mais celle-ci avait le goût succulent de la liberté…